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20/09/2013

Université Alassane Ouattara / Un an après l'ouverture : Des étudiants appellent Bacongo Cissé et les autorités au secours


  Dans le texte ci-après, le délégué d'une promotion de l'université Alassane Ouattara de Bouaké fait état de la situation sociale que vivent les étudiants. Koba Louis Marius exhorte les autorités ivoiriennes à faire l'ultime effort qui va sauver l'Université après la réhabilitation physique des locaux. Il réclame le paiement des bourses et aides sociales

Depuis la fin de la crise postélectorale, les Universités ivoiriennes sont restées fermées pour cause de réhabilitation dans l'optique d'offrir un cadre propice aux études face à la dégradation avancée des locaux et du matériel de travail. Chose promise, chose faite, nous voulons ici dire un grand merci au président de la République SEM Alassane Ouattara, mais aussi au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique M. Cissé Bacongo qui a lui-même suivi les travaux de bout en bout. Beaucoup reste à faire même si l'essentiel est achevé.

Si au plan académique les choses avancent bon gré mal gré, au plan social, la situation n'est pas reluisante. La mise en œuvre du système LMD reste coûteuse pour les Universités, mais aussi pour les étudiants sur qui cela est appliqué. Cela est justifié par le fait que les inscriptions ont augmenté de façon exponentielle : les licences sont à 30.000 FCFA, les masters sont à 60.000 FCFA, les thèses sont à 90.000 FCFA, ce qui était autrefois pour les premiers et seconds cycles à 6.000 FCFA et 10.000 FCFA pour le troisième cycle. Aussi, pour le logement en résidence universitaire nous sommes pratiquement passés du simple au triple. Là encore il y a un problème. Ces résidences n'ont pas encore accueilli leurs premiers locataires après leur réhabilitation. Mais le constat est que beaucoup de nos camarades resteront en ville pour la location de studios ou chambres qui coûtent excessivement cher. Le système LMD aboutit toujours à la recherche alors que la recherche n'est pas un jeu d'enfants sous les tropiques. Il faut faire face à la documentation, à la recherche de l'information sur le terrain.
Pourtant, il faut combiner tous ces paramètres pour réussir un bon mémoire pour les masters et une bonne thèse pour les doctorants. La question qui mérite d'être posée par tous les étudiants de Côte d'Ivoire issus pour la plupart de parents démunis ou ayant un pouvoir d'achat faible qui s'est accentué par dix années de crise, est de savoir comment pouvoir financer les études sans l'aide minimum de l'Etat jusqu'à la fin de leur cursus universitaire.

Nous disons non, que la contribution de l'Etat à travers l'attribution des bourses et secours financiers qui peut permettre la résolution de ce problème.

Notre galère et notre misère sont actuellement profondes, c'est pourquoi nous prenons à témoin l'opinion nationale et internationale afin qu'elle se rende compte de ce que nous vivons au quotidien. Si rien n'est fait maintenant, le système nous tuera à petit feu dans un grand silence.

Le constat est clair, tout a augmenté, mais la cagnotte allouée à la bourse depuis plus d'une trentaine d'années est restée intacte, avoisinant les sept (7) milliards.

Ainsi, face au blocage des paiements des bourses et secours financiers nous avons entrepris des démarches pour en savoir plus. Nous avons reçu comme information auprès des directions des centres régionaux des œuvres universitaires qu'il n'y avait pas de liquidité (il n'y avait pas d'argent en espèce). Cependant, au titre de l'année académique 2012-2013, pour les renouvellements, les attributions et les secours financiers à l'Université Félix Houphouët-Boigny, le budget s'élève à plus de 2,5 milliards de FCFA dont une infime partie a été payée. Ce qui a permis le paiement de SHS seulement. Au niveau de l'Université Alassane Ouattara de Bouaké le budget s'élève à 1,412 milliard de francs FCFA. Pour le paiement le CROU-B n'a reçu que 200 millions de FCFA. Cela a permis de payer au moins 300 étudiants. Nous apprécions à sa juste valeur le geste mais beaucoup reste à faire. Si le paiement se fait à ce rythme, il se peut que l'année 2014 nous trouve en chemin.

Nous souhaitons que les directeurs généraux choisissent le paiement des bourses comme une priorité parce que depuis le mois de juin 2013, le DAAF de notre ministère de tutelle a fait partir les états au trésor public, ce qui suppose que s'il y a des fonds disponibles, M. Soro l'agent comptable central du trésor fait créditer les comptes des différents CROU et c'est les directeurs généraux qui définissent les priorités selon les urgences.

Ainsi, pour éviter que le système LMD soit un échec au plan académique avec les efforts qu'ont fournis le ministre et les différents présidents d'Universités, nous souhaiterions que le ministre s'implique au plan social afin que nous puissions parachever les inscriptions, payer les loyers pour ceux qui sont admis aux logements, l'achat des documents et autres.

Nous avons aujourd'hui, notre regard tourné vers le ministre Cissé Bacongo qui peut nous sortir de cette misère. C'est pourquoi nous allons emprunter la vision réaliste décrite par Albert Camus : « Le monde n'est pas à comprendre, il est à améliorer. »

Koba Louis Marius
Délégué Général
Master 2 recherche gestion
Université Alassane Ouattara de BOUAKE

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